Ce film est tellement riche qu'il est difficile de savoir par où commencer. Tout d'abord il faut noter
le talent du génial réalisateur qu'est David Fincher, à qui l'on doit notamment le percutant,
dérangeant et glauquissime Seven, avec d'ailleurs un Brad Pitt déjà exceptionnel. Celui-ci
confirme dans FC qu'il est un excellent acteur après sa prestation dans Seven et dans l'Armée des
12 singes, loin de son image de sex-symbol. Son acolyte Edward Norton est lui aussi
époustouflant, et ajoute à son palmarès un rôle très difficile.
Ce film noir par excellence est emprunt d'une philosophie anticonformiste, anarchisante, qui
crache sur notre société de consommation, dont les valeurs reines sont l'ultra-matérialisme et
l'argent.
Le Fight Club est une réaction contre se système bien huilé, une explosion dans ses rouages, un
désir de le détruire pour tout recommencer à zéro, un retour à la source, à la véritable nature
humaine, aux forces humaines...
Par ailleurs le côté suicidaire des personnages, qui se shootent à l'adrénaline qui découle des
combats, du sexe, ou du voisinage de la mort, les nombreuses scénes de nuit dans des décors
genre quartiers industriels en décomposition renforcent l'aspect destroy du film.
L'humour est très présent et très noir: Marla fumant comme un pompier chez les tuberculeux
anonymes, les nombreuses répliques sur les testicules, les ébats sexuels plus que bruyants, les
images subliminales porno dans les films Disney-like...
Le coup des images subliminales porno est assez génial, d'ailleurs le film en est lui même truffé.
Celà peut-être vu comme une dénonciation de ce procédé utilisé dans certains messages
publicitaires.
Les personnages sont tous atypiques, félés, défoncés, ce qui rend le film encore plus singulier.
Mais ce qui frappe dans Fight Club, c'est justement les sentiments forts qu'il inspire, qu'inspire ses
personnages et ses scènes. Certaines sont touchantes, comme celles des réunions typiquement
américaines de thérapie par le dialogue intime entre mêmes amis de galère, avec le personnage
attachant de l'obèse aux seins volumineux.
Techniquement ce film est un pur chef d'oeuvre, avec notamment la scène fictive de la collision
aérienne, les scènes de zoom planant sur les objets pyrotechniques, la scène de la pièce tout
droit sortie du catalogue Ikéa, et bien sûr la scène finale...
On comprend que ce film soit classé "interdit aux moins de 16 ans", de par sa violence
omniprésente (violence générale: mentale, physique, verbale,...), son caractère ultra pessimiste
est un appel pur et simple à la révolte, à la prise des armes contre le système; à l'anarchie...
Il faut reconnaître que le film fait beaucoup réfléchir à notre condition...
Filmo David Fincher: Alien 3, Seven, The Game.
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